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La créativité sur Internet sera-t-elle la grande absente de cette campagne des régionales ?
Christophe Ginisty | Lundi 8 Mars 2010

La créativité sur Internet sera-t-elle la grande absente de cette campagne des régionales ?
La campagne des régionales est sur le point de se terminer et j'ai le sentiment que les différentes formations politiques n'ont pas encore pris la mesure du phénomène Internet et de sa puissance dans le dialogue avec les électeurs. La campagne est morose, les partis n'arrivent pas à parler des régions et l'on s'avance une nouvelle fois vers une abstention massive. Spécialité française, les observateurs ne font que commenter les sondages qui sortent par dizaines et peu ou pas de créativité sur Internet.

A gauche, même si le PS a fait un travail remarquable d'identité visuelle et d'ergonomie de ses sites Internet, on est toujours dans une approche assez classique. C'est très léché, agréable, mais pas particulièrement créatif du point de vue des usages. Sa plateforme collaborative "Coopol " est un projet intéressant mais manque singulièrement de vie.

Même chose du côté de l'UMP qui a mis le paquet il y a quelques mois sur le lancement d'un site communautaire, les "créateurs de possible ". L'ambition était immense, des milliers de contributions issues de toutes les sensibilités devaient échanger et proposer des idées innovantes. Résultat, la modération a gagné du terrain et les propositions qui sont en home page sont conventionnelles pour ne pas dire banales.

Rien à signaler de notablement innovant dans les autres formations, que ce soit au sein d'Europe Ecologie ou du MoDem. Là encore, que du classique et une absence de créativité au-delà d'un esthétisme recherché.

Tout cela manque d'audace et de folie. Les schémas qui conduisent à créer des espaces en ligne sont encore trop prisonniers d'une logique verticale de médias traditionnels. Il y a certes la volonté de contribuer à suivre des effets de mode (notamment par la création de "réseaux sociaux" maison) mais rien qui fasse s'extasier sur une nouvelle manière de faire de la politique.

En fait, je crois que ce qui bride encore singulièrement les usages de l'activisme sur Internet est la volonté des formations politiques d'être propriétaires de leurs espaces. Même si les logos sont discrets, la machine politique veut tout contrôler et, du coup, les espaces qui sont lancés tournent en rond, crèvent de consanguinité et ne représentent que des micros plateformes sur lesquelles les partisans d'une formation parlent aux autres partisans de cette formation. On communique en vase clos et cela contribue à tuer la vitalité de ces espaces.

La vraie révolution dans l'activisme sur Internet arrivera lorsque les partis accepteront de partager les espaces de discussion ou les réseaux sociaux, en mutualisant en quelque sorte le débat public. Le jour où des plateformes ou des initiatives seront co-produites par plusieurs formations dans le but de faire émerger la puissance de la diversité, on pourra alors parler d'une avancée dans la manière de faire de la politique en ligne.

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